Le président chinois Xi Jinping s’est rendu à Washington, aux États-Unis, du 23 au 25 du mois dernier, où il a rencontré le président américain Donald Trump. La chronique décrit cette visite comme la première visite d’État de Xi Jinping aux États-Unis en 11 ans. Les deux dirigeants se sont rencontrés une deuxième fois en moins de six mois, après la visite de Trump à Pékin à la mi-mai de cette année. Une nouvelle rencontre a également été évoquée lors des sommets de cette année du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) et du Groupe des vingt (G20).
Contexte
La visite a retenu l’attention non seulement par la fréquence des contacts entre les dirigeants, mais aussi par le protocole. Selon la chronique, Trump s’est rendu à l’aéroport pour accueillir Xi Jinping, et les États-Unis lui ont réservé un accueil de haut niveau. Ces images ne suffisent toutefois pas à déterminer dans quelle mesure le sommet a débouché sur des accords concrets.
Wang Hsin-hsien, directeur du Centre d’études sur les relations internationales de l’Université nationale Chengchi de Taïwan (대만 국립정치대학 국제관계연구센터), a expliqué les objectifs de la rencontre en trois points. Le premier était de faire le point sur la mise en œuvre des engagements pris par les deux parties lors de leurs rencontres à Busan, fin octobre de l’année dernière, et à Pékin, à la mi-mai de cette année. Le deuxième était de tenir compte des impératifs politiques intérieurs propres à chacun des deux dirigeants, et le troisième, de gérer les risques liés à la rivalité sino-américaine afin d’éviter un affrontement accidentel.
L’explication concernant la politique intérieure relève de l’analyse de Wang. Il estime que Trump cherche à renforcer ses chances aux élections de mi-mandat de novembre en mettant en avant les promesses d’achat de la Chine et sa capacité à gérer les relations sino-américaines. Selon son analyse, Xi Jinping entend montrer qu’il est le seul à pouvoir stabiliser les relations entre les deux pays et créer une dynamique favorable à sa reconduction lors du « 21e congrès du Parti » l’an prochain (21차 당 대회). Il s’agit d’une interprétation des motivations du sommet, et non d’objectifs que les dirigeants auraient publiquement confirmés.
Ce que signifie cette nouvelle
L’idée centrale de la chronique est que la multiplication des rencontres ne signifie pas que les différends stratégiques entre les deux pays ont été résolus. De profonds désaccords persistent sur des questions stratégiques majeures comme Taïwan, les contrôles technologiques et l’intelligence artificielle (IA), indique la chronique. Wang estime que la portée symbolique de cette rencontre a dépassé ses résultats concrets.
Les questions de l’Iran, de l’Ukraine et de la Corée du Nord ont également été abordées lors des échanges entre les dirigeants. Selon la chronique, les deux dirigeants sont parvenus à un accord de principe sur les armes nucléaires iraniennes et les droits de passage dans le détroit d’Ormuz. Wang souligne que les États-Unis ont besoin de la Chine sur ces dossiers et estime que ceux-ci pourraient constituer des leviers pour Pékin dans ses négociations avec Washington. Là encore, il s’agit de l’analyse de l’auteur de la chronique, et non de la confirmation d’accords précis sur ces questions.
La question de Taïwan illustre l’écart entre désaccords et accords. Xi Jinping aurait déclaré que les États-Unis devaient maintenir leur opposition à « l’indépendance de Taïwan » et traiter la question taïwanaise avec prudence, rapporte la chronique, qui cite l’agence de presse Xinhua. Pourtant, la question de Taïwan ne figurait pas dans les accords annoncés par les deux pays. Il convient de distinguer le fait qu’une demande ait été formulée de celui qu’un accord conjoint ait été annoncé.
Les deux dirigeants ont convenu que la Chine et les États-Unis avaient combattu ensemble en tant qu’alliés et remporté la victoire pendant la Seconde Guerre mondiale. La chronique interprète cette référence comme un symbole qui ne se limite pas à un simple rappel du passé. L’auteur fait valoir que la République de Chine, aujourd’hui établie à Taïwan, était alors l’entité qui avait combattu aux côtés des États-Unis. Il soutient que, du point de vue de Taïwan, cette reconnaissance commune pourrait être perçue comme un « effacement de la République de Chine » et mettre en avant une interprétation de l’histoire de la guerre centrée sur le Parti communiste chinois. Il s’agit de l’évaluation de la chronique ; les termes de la reconnaissance commune annoncée par les deux pays et l’interprétation de l’auteur doivent être lus séparément.
Pour les lecteurs, il est difficile de considérer le sommet comme un signe univoque d’« amélioration des relations » ou de « résolution des conflits ». Par exemple, même si les deux pays poursuivent le dialogue au niveau des dirigeants, la persistance de leurs divergences sur Taïwan ou les contrôles technologiques pourrait faire de ces échanges un outil de gestion des tensions plutôt qu’un moyen de résoudre les différends. Wang estime que, depuis la rencontre de mai à Pékin, les deux dirigeants ont maintenu leurs interactions et ouvert la voie à de nouvelles rencontres lors du sommet de l’APEC à Shenzhen, en Chine, en novembre, et du sommet du G20 à Miami, aux États-Unis, en décembre. Aucune de ces rencontres n’est toutefois encore confirmée.
Ce qui est établi et ce qui reste à savoir
Faits établis
- Xi Jinping s’est rendu à Washington du 23 au 25 du mois dernier ; la chronique décrit cette visite comme sa première visite d’État aux États-Unis en 11 ans.
- Cette rencontre était la deuxième entre les deux dirigeants en moins de six mois, après leur sommet à Pékin à la mi-mai de cette année.
- La chronique rapporte que de profonds désaccords persistent sur Taïwan, les contrôles technologiques et l’IA.
- Les déclarations de Xi Jinping sur Taïwan ont été rapportées par l’agence de presse Xinhua, mais la question de Taïwan ne figurait pas dans les accords annoncés par les deux pays.
- La possibilité d’une nouvelle rencontre entre les deux dirigeants lors des sommets de l’APEC et du G20 de cette année a été évoquée, mais aucune rencontre n’a été confirmée.
Ce qui reste à savoir
- Quels engagements pris lors des rencontres de Busan et de Pékin ont effectivement fait l’objet d’un examen de leur mise en œuvre cette fois-ci.
- Quels accords concrets les deux pays ont conclus lors de ce sommet et quelles mesures de suivi sont prévues.
- Si les deux dirigeants se rencontreront effectivement lors des sommets de l’APEC en novembre et du G20 en décembre.
Ce que les lecteurs doivent suivre
- Il faudra voir si les prochaines annonces précisent quels engagements pris lors des rencontres de Busan et de Pékin ont été examinés.
- Vérifier si les communiqués conjoints des deux pays ou les mesures de suivi abordent Taïwan, les contrôles technologiques ou l’IA permettra de mesurer l’écart entre les contacts symboliques et les changements de politique concrets.
- Les sommets de l’APEC et du G20 ayant été présentés comme des occasions possibles de rencontre, il faudra distinguer la confirmation officielle de la participation à ces sommets de celle d’une rencontre bilatérale.




















